ACPM : D'un point de vue pratique

Planification d'urgence en cas d'absence non planifiée de la pratique

Episode Summary

Retraite, congé parental, maladie, changement de cabinet - quelles sont les considérations à prendre en compte lors d’un congé non planifié? Cet épisode examine l’importance de la planification des imprévus; la continuité des soins pour les patients est au premier plan de ces dispositions.

Episode Notes

L'article correspondant de Perspective  ACPM:

Fermer ou quitter une pratique : Conseils pour les médecins de première ligne

https://www.cmpa-acpm.ca/fr/advice-publications/browse-articles/2020/closing-or-leaving-a-practice-tips-for-primary-care-physicians

Episode Transcription

Animateur : Vous êtes à l’écoute de l’ACPM d’un point de vue pratique. 

Dr Steven Bellemare : Bonjour tout le monde. Bonjour Yolanda. 

Dre Yolanda Madarnas : Bonjour Steven. Bonjour à tous, ici Yolanda Madarnas

Steven : Et Steven Bellemare.

Yolanda : Bienvenue à notre balado, aujourd’hui, qui sert de complément à l’article récent portant sur l’abandon de la pratique médicale, mais les principes que nous allons développer aujourd’hui vont bien au-delà de la retraite et s’applique, par exemple, à des absences temporaires, tel un congé de maternité, ou un congé de maladie, ou bien un déménagement d’une clinique à une autre, ainsi qu’un départ prévu, attendu, mais qu’on laisse pour la dernière minute à organiser.

Steven : Ben non, parce qu’on ne fait jamais ça, voyons donc. Non, en effet, tous ces scénarios-là mettent en évidence le besoin d’assurer la continuité des soins pour nos patients. Ils sont applicables tant aux [inaudible 00 :00 :54] qu’aux spécialistes, tant en communauté qu’en centre hospitalier. Dans le fond, c’est important pour tout le monde. Il faut se préparer pour l’imprévu. Il ne faut pas jouer à l’autruche. 

Yolanda : Non. Donc, aujourd’hui, nous avons trois messages clés à vous proposer. Le premier étant : le transfert et la prise en charge de nos patients durant une absence est important.

Steven : Deuxième point clé : avoir une entente écrite, avant de se joindre à un groupe, peut vous sauver beaucoup de maux de têtes.

Yolanda : Et le dernier point clé, c’est : de partager un esprit de collaboration dès le début avec nos collègues.

Steven : Donc, commençons donc avec la continuité des soins Yolanda.

Yolanda : Oui Steven.  Un plan d’action pour l’abandon de la pratique, idéalement, doit être mis en place dès notre arrivé dans un nouveau milieu de pratique.

Steven : Ça, ça peut vous aider, par exemple, à déterminer qui va couvrir vos patients pendant votre absence.

Yolanda : Oui. C’est [inaudible 00 :01 :46] particulier, qui va assurer la prise en charge et le suivi de nos patients.

Steven : Parce que je me souviens d’un cas, récemment, au téléphone où on avait un médecin qui devait s’absenter d’un GMF ou ses collègues de GMF…

Yolanda : Bien, ne voulaient pas prendre en charge les patients.

Steven : Et puis, le médecin se posait la question : Eh bien, dans le fond, c’est quoi la raison d’être en GMF si ce n’est pas pour s’entraider ?

Yolanda : Oui, le filet de sécurité.

Steven : Les gens dans le groupe n’avaient pas la même philosophie de partage des tâches. Donc, d’essayer d’avoir cette philosophie partagée-là, c’est très important.

Yolanda : Mais, Steven, une collaboration et un contrat, c’est des concepts bien différents.

Steven : Oui, c’est ça. Donc, d’avoir une entente écrite, ça peut traiter de tous ces éléments-là. Par exemple, qui va s’occuper des dossiers et est-ce que vous allez y avoir accès après votre départ ?

Yolanda : Mais la plupart des membres, avec qui je parle au téléphone, n’ont pas de contrat, ni d’entente en place. C’est même… c’est une entente, entre guillemets, à l’amiable et je peux te dire que ça rend leur départ stressant et, parfois, plus compliqué que nécessaire.

Steven : Mettons les choses au clair : une bonne planification en vaut le coup.

Yolanda : Et oui.

Steven : Ça contribue à notre bien-être psychologique et ça promet, dans le fond, de nous sauver une tonne de temps si on a besoin de partir.

Yolanda : Oui. Par exemple, Steven, imaginons un médecin avec un congé de maternité prévu à partir de 38 semaines de grossesse.

Steven : Okay.

Yolanda :Mais qui doit quitter à 26 semaines, suite à des complications, maintenant, qui requiert un repos total au lit pour éviter un accouchement précoce. Cette docteure pourrait bénéficier d’une entente, à un moment si difficile de sa vie.

Steven : En effet. Donc, négocier des ententes comme ça avec vos collègues, ce n’est pas le domaine de l’ACPM. Par contre, votre association provinciale ou professionnelle peut, potentiellement, vous aider avec ce genre de chose-là.

Yolanda : Avec ou sans entente, un esprit de collaboration est essentiel pour nous aider à prioriser la prise en charge et le suivi de nos patients.

Steven : Absolument. Donc, le suivi des patients peut être assuré par un remplaçant ou un collègue qui peut prendre votre place, mais s’il n’y a pas de succès à ce niveau-là, eh bien, il y a d’autres considérations.

Yolanda : Dans le fond, ce qui prime, c’est de prendre des mesures pour assurer la continuité des soins.

Steven : Donc, si on n’a pas personne pour couvrir notre pratique, au moins, on peut, par exemple, utiliser le bilan cumulatif pour aider au transfert des soins.

Yolanda : Et c’est un geste qui est, sans doute, apprécié par nos collègues et les patients risquent d’en profiter aussi.

Steven : Bon, pour les médecins qui sont en pratique solo ou qui non pas de collègues sur qui s’y fier. Qu’est-ce qu’on peut dire ?

Yolanda : Je pense qu’on peut suggérer que ça vaut la peine de tenter de créer une alliance avec un autre médecin en pratique solo, pour s’entraider, au besoin.

Steven : C’est ça. Donc, quand tu auras besoin de moi, je suis prêt à t’aider si toi en retour, tu es prêt à m’aider quand moi j’aurais besoin de toi.

Yolanda : Exactement.

Steven : La solution de dernier recours, en fait, quand on n’est pas capable de se trouver quelqu’un avec qui former une alliance, ça demeure l’urgence ou le sans rendez-vous, mais dans ce cas-là, l’accès des patients à leur dossier est un enjeu important.

Yolanda : Et c’est un problème qui représente un fardeau important pour le médecin qui est en pratique solo. C’est rarement problématique dans une clinique où une pratique de groupe.

Steven : Oui. Donc, d’avoir un plan de communication aux patients et aux collègues pour leur dire comment avoir accès à leur dossier, comment avoir accès aux soins pendant son absence, c’est vraiment important lorsqu’on travaille seul.

Yolanda : Oui. On pourrait songer à partager avec les patients soit une copie de leur dossier ou une copie de leur profil cumulatif qui servirait lors de soins reçus ailleurs.

Steven : Donc, surtout pour les patients en traitements actifs ou pour qui on est en attente de résultats. Ça c’est, dans ma tête, vraiment, les situations les plus à risques.

Yolanda : Et si on considère nos patients comme faisant partie de l’équipe et pouvant jouer un rôle important de liaison entre les différents contextes de soins qu’ils consultent.

Steven :C’est une bonne idée, mais il faut s’assurer, par contre, de ne pas donner trop de responsabilités aux patients. On a, quand même, cette responsabilité.

Yolanda :On ne peut pas décharger notre responsabilité.

Steven :Oui. Donc, il faut être en mesure de leur fournir leur bilan cumulatif ou une copie de ce bilan-là pour qu’il puisse le transmettre à quelqu’un d’autre. Ça, eh bien, vous ne serez probablement pas capable de vous occuper de ça si vous êtes soudainement malade. Donc, votre personnel doit comprendre, à l’avance, tous ces aspects-là pour être capable de s’en occuper tout seul, sans votre leadership.

Yolanda : Donc, notre personnel administratif peut nous aider à maintenir une continuité durant une absence.

Steven : C’est vraiment eux qui vont être la colle, qui vont garder le tout en place dans votre cabinet en attendant votre retour.

Yolanda : C’est certain qu’il y a des coûts associés à ça, mais, parfois, une assurance professionnelle peut aider à défrayer ces coûts.

Steven :C’est un peu comme de la planification financière.

Yolanda :Oui et c’est un bon investissement.

Steven :Okay, mais qu’est-ce qu’on fait si on ne revient pas en pratique, si on a décidé qu’on met la clé dans la porte et que c’est fini ?

Yolanda : Oui. Donc, il y a deux scénarios. Le médecin est le gardien du dossier ou bien c’est la clinique. Le patient a toujours le droit d’accès à son dossier. Il peut avoir une copie de son dossier, mais l’original doit en tout temps rester avec le médecin lorsque c’est le médecin qui est le gardien du dossier. C’est moins problématique lorsque la clinique est la cessionnaire du dossier.

Steven : Par contre, à ce moment-là, ce qu’il peut devenir problématique, c’est que le médecin qui aurait besoin d’avoir accès au dossier ultérieurement pourrait ne plus y avoir accès, si, encore une fois, il n’y a pas eu d’entente négociée a priori. Il faut que ce soit mieux géré que ça.

Yolanda : Oui. Donc, consultez votre collège pour la période de rétention requise pour les dossiers. Ça varie d’une province à l’autre, mais, en général, c’est de cinq à dix heures et plus longtemps pour les dossiers de mineurs qui doivent être gardés au-delà de l’âge de la majorité. En fait, l’ACPM suggère, si possible, de garder les dossiers de façon indéfini, parce qu’il n’y a pas de période de prescription pour des plaintes au collège et la défense d’un médecin devient très, très, très difficile dans le cas où il n’y a pas de dossier décrivant les soins mis en question lors d’une plainte.

Steven :Oui et on peut penser à des cas, par exemple, où plusieurs décennies après la fin de leur relation médecin/patient, il y a un patient, une patiente, qui continu à avoir des doutes sur la nature de la relation qu’elle a eu avec son médecin qui, finalement, décide de porter plainte et lorsqu’on n’a pas de dossier, eh bien, ça devient très difficile d’établir les faits. Bon, finalement, est-ce qu’il y a d’autres choses à considérer lorsqu’un médecin doit s’absenter pour une période prolongée en raison d’une maladie, par exemple ?

Yolanda :Rappelons l’importance de prendre soin de soi. Il y a des programmes d’aide aux médecins auxquelles on peut accéder, en plus de notre propre professionnel de la santé. On pense, des fois, il pourrait être nécessaire de rapporter une absence prolongée au collège, mais, il faut dire à nos auditeurs, que les scénarios sont multiples, les enjeux beaucoup trop complexes pour couvrir ici et on inviterait à communiquer avec l’ACPM pour discuter de votre cas et de votre situation particulière, très tôt dans le processus.

Steven :Bon, eh bien là-dessus, je pense que c’est l’heure de mettre fin à notre balado. Yolanda, aurais-tu un conseil de communication à leur fournir ?

Yolanda :Oui. Eh bien, de rappeler que le patient est un allié dans leurs soins et en recevant une copie de leur dossier ou de leur profil cumulatif, les soins reçus ultérieurement seront mieux informés. Steven, peux-tu partager une perle de communication ?

Steven :Moi, j’aurais tendance à vouloir parler de la politique écrite. S’assurer d’avoir une politique écrite pour que votre personnel sache quoi faire sans vous. Donc, est-ce qu’ils vont savoir comment informer vos patients, lesquels informer, quels collègues rejoindre, quelles pharmacies, quels hôpitaux, tout en prenant note de qui a été informé, quand et comment. Donc, d’avoir des affiches, des courriels, des messages sur votre boîte vocale, un message sur votre site web, d’envoyer des lettres potentiellement recommandées à des groupes spécifiques, comme les médecins référents, les patients très malades. Ce sont toutes des idées qui sont possibles, mais d’avoir une politique à cette effet-là, ça devient très important.

Yolanda : Donc, avec cela, notre balado prend fin.

Steven :Déjà. Donc, je vous souhaite tous une bonne journée.

Yolanda :Merci à tous. Un petit rappelle que vous pouvez toujours nous rejoindre par courriel pour partager vos questions, commentaires ou vos idées pour des balados futurs.

Steven :Oui, notre adresse est le : balados@CMPA.org

Yolanda : Merci Steven. Ici Yolanda Madarnas.

Steven :Et Steven Bellemare qui vous rappelle…

Yolanda :… lorsqu’on regarde les choses autrement, …

Steven :… on perçoit les choses autrement.

Animateur : Ce matériel éducatif est fourni uniquement à des fins éducatives générales; il ne constitue pas des conseils professionnels de nature juridique ou médicale ni une « norme de pratique » pour les professionnels de la santé canadiens.